01.04.2005

Et si on détruirait la Tour Eiffel !

Me voilà recevant [dernièrement] une invitation pour faire une conférence à un Colloque international à Nice, l’organisateur a réussi à avoir mon adresse mail, puis via l’université il a eu mon numéro de téléphone. Me contactant un soir, J'ai trouvé en cette invitation beaucoup de sérieux …J’ai accepté et j’ai préparé le travail à présenter.

Comme Nice, n’est pas à « côté », ils ont tout prévu en me réservant les billets d’avion. Voilà un système que je découvre chez Air France, tu débarques à l’aéroport, avec une réservation électronique, tu montres un papier d’identité et voilà tout.
Il s’agit bien ici d’un vol inter, « un vol inter » !!, pratique pour la rapidité, mais très [TRES] fatiguant par son bruit. Mon amour à me voir entre terre et ciel me fait tout oublier, mon moment magique demeure le décollage (que j’aime cette séparation de la terre), c’est mon grand plaisir et à lui seul se résume le voyage.

Mon planning est de partir dimanche, ma conférence est programmée pour lundi après-midi, cela dit, je passe une deuxième nuit à Nice, puis je reprendrai mon vol de retour le mardi. Partir un dimanche n’est souvent pas la chose la plus facile, il fallait que je ramène ma voiture à l’aéroport, la laisser "squatter" le parking puis en rentrant, il faut aller voir la couleur de la période («bleue» ou «blanche» ou «va savoir», je n’ai jamais compris ce système, puis votre carte bleue monsieur puis voilà) !

Arrivé à Nice, et en plus un dimanche ! mon hôtel est à Sophia Antipolis (le colloque se déroule à l’Université de Sophia Antipolis) ; l’assistante qui s’occupe de la préparation matérielle m’a expliqué la difficulté de trouver quelque chose (sauf le taxi) pour y arriver. Débarquant à Nice autour de 13h30, je ne vais pas m’enfermer dans une chambre d’hôtel en attendant demain, l’horreur ! : je déteste être enfermé !!ma résolution est prise, j’avais envie d’aller à Antibes, une ville qui flirte avec l’eau, ma gourmandise pour la mer est irrationnelle ! la méditerranée c’est une partie de moi, c’est toute une autre histoire…

Bref, venu lundi, après les mots d’ouverture, le temps est à un conférencier américain, il a fait un travail très [TRES] intéressant, il a parlé de la « mesure du temps » et la complexité de trouver un système universel (à la fin du 19 siècle) destiné à être le repère du temps universel (suis-je devenu difficile !? non, ok), donc à un certain moment de notre histoire, comme si : il peut faire 8h 30 à Paris, mais en même temps il est 9h 20 à Londres !!! Attendons la suite:

Vous savez tous l’histoire de notre belle Tour Eiffel, destinée au départ à être un «décor» pour faire beau à l’occasion de l’Exposition universelle de 1889, Elle devrait être détruite à l’expiration de la concession (1909), vous savez tous la révolte des poètes et d’écrivains contre la Tour, ils pensent que ce « monument » va « briser » la beauté de Paris ["Nous venons, écrivains, peintres, sculpteurs, architectes, amateurs passionnés de la beauté jusqu'ici intacte de Paris, protester de toutes nos forces, de toute notre indignation, au nom du goût français méconnu, au nom de l'art et de l'histoire français menacés, contre l'érection, en plein coeur de notre capitale, de l'inutile et monstrueuse Tour Eiffel : Protestation de 1887 contre la Tour Eiffel, voir ça] …Il y avait tout un bruit et une demande de la détruire, « pauvre Gustave Eiffel »….

Eh ben, la « mesure du temps » d’après ce conférencier a sauvé le monument du Champ de Mars, et ce système de télégraphie pour diffuser l’heure a servi à donner une vie à la Tour Eiffel….Le rêve de nos poètes de voir la Tour tombée est définitivement enterré.

J’ai bien apprécié cette première conférence, je me disais à la fin combien la science brise parfois le rêve d’un poète, j’avais le temps de réfléchir à ce sujet sans oublier que pour l’après-midi c’est à moi d’être « inventif »…….


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